O.k... J'm'en suis sortie indemne. Cette fois-ci. Vous ne le savez pas, mais j'ai failli mourir. Oui, oui, aujourd'hui même, autour de 5h00 de l'après-midi. C'était une journée de test. Notre petite logique d'adolescents nous suggèrait, à Brutus et à moi, d'aller se réfugier dans sa chambre au sous-sol. Oui, seulement parce qu'il fesait chaud...;)
Enteka, la chère mère de ce cher Brutus était sensée rentrer au domicile familial vers 5h30. On était bien sûr en train de jouer au Scrable dans sa chambre (qu'est ce qu'on aurait fait d'autre de toute façon, en âmes chastes et pures que nous sommes;)) mais le fait est que, bon, officiellement, je n'était pas exactement sensée me trouver là, à ce moment précis et sans surveillance... Dans une autre dimension, peut-être que la mère de Brutus nous aurait laissés nous arranger avec nos troubles et sans nos vêtements, mais pas dans celle-ci.
Alors, on était dans sa chambre, au sous-sol, parce qu'il fesait chaud (que de belle innocence, n'est-ce pas?) et il se trouve que cette chambre est munie d'une vitre. Il est choyé, non? Mais, moi, un peu moins, en tout cas c'est le sentiment que j'ai eu quand j'ai apperçu deux jambes du coin de l'oeil.
C'est fou l'effet que peu produire la vision fugitive d'une paire de jambes par une fenêtre d'un sous-sol. Surtout quand on sait qu'elles appartiennent à la personne dont le dernier souhait se trouve à être que vous vous trouviez dans le sous-sol dont il est question.
Alors, panique générale dans mon cerveau, je réussi à ne pas crier et à me tourner vers Brutus en articulant de quoi comme: (*Sacre*) J'pense que j'viens de voir passer ta mère! Au même moment, un grand "Salut, Brutus! Ça va?" retentis en haut. Je crève de peur. Je me cache avec grande subtilité dans l'espace entre sa penderie et son lit. Dieu merci, je suis habillée. La mère de Brutus va se changer, il monte les marches avec sang-froid (nan, j'pense qu'il était aussi nerveux que moi) ouvre la porte par laquelle son chien Bill sort. Je l'accompagne (Bill, qui est sorti par la porte, et non son maître, qui est resté en dedans. Non pas que le chien était plus séduisant, mais la solution parraissait nettement plus pratique que de rester en dedans et de mourir...dans d'attroces souffrances)
J'ai marché, pris une couple de mauvais tournants, mais j'ai fini par aboutir au terminus de Terrebonne. J'ai pris le bus. Sur le dossier du siège en avant de moi, j'ai vu un graffiti qui m'a fait, je dois l'avouer, pas mal d'effet:
*God Loves His Children*
(Dieu aime ses enfants)
Ouf, si c'est pas un signe du destin, ça! Mais en tout cas, j'suis pas mal rassurée d'être toujours en vie. Sauf que je suis sale...J'vous explique pas. Après toute une journée de Scrable (mais de Scrable intense, quand même;), une apparition d'une paire de jambes par une fenêtre de chambre dans laquelle on est pas supposée être, une marche à travers de la jungle urbaine, il est normal que mon déo n'ait pas résisté... ž
Mais en somme et si on fait le total, ça été une journée fantastique! Sauf que j'ai oublié mes lunettes chez Brutus et que j'ai volontairement laissé ma sacoche au même endroit. Je me vois donc privée de ce qui m'est essentiel: Livre de Michel Tremblay (Le Cahier Noir), lecteur mp3 (Alanis Morissette, The Scientist de Coldplay, Ariane Moffat...), et tutuquanti. Et en plus je suis myope (à ne pas comfondre avec morbide, muette ou mélancolique) comme une taupe. Ça me donne une excuse pour repasser par chez Brutus demain. Je ne pense pas avoir eu besoin d'excuse, mais bon.
Je vais me laver,
Lurky
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